Des bijoux et des bisous, certes, mais cela suffit-il ? Rien n’est moins sûr, pour la Saint-Valentin il faut aussi du chocolat. N’est-ce pas là une prolongation sensorielle de votre amour, entre autres preuves formelles ? Que cela soit pour un coup de foudre, une passion débutante, une amourette de circonstance, un amour devenu affection… Ou pour une affaire extra-conjugale, pour un amour par politesse, une amitié confuse, une relation sous emprise, pour l’amour d’une vie ou pour une jalousie dévorante, pour le meilleur ou pour le pire, le chocolat est indiqué en toutes circonstances. Je ne connais rien de mieux, mais il faut bien le choisir. Cette année, je me suis intéressé à une proposition originale de William Artigue, une jolie fleur aux saveurs de chocolat, de vanille et de fleur d’oranger !

Cette création se compose d’une ganache au chocolat noir surmontée de massepain à la fleur d’oranger et de caramel à la vanille, le tout enrobé d’une couverture de chocolat noir avec détails en chocolat blanc coloré.

La Bouchée Saint-Valentin par William Artigue mesure 75 mm de diamètre et 22 mm de hauteur. Le spécimen acheté pèse 116 grammes et coûte 25,00€.

Saluons d’abord le fait que le chocolatier en chef ne nous a pas proposé une énième image de cœur pour célébrer la Saint-Valentin, la chose mérite d’être soulignée. C’est l’image d’une belle fleur ayant les couleurs de l’enseigne qui décore cette bouchée, soigneusement colorée et d’un très bel effet. Certes, la fleur apporte un surplus d’épaisseur en chocolat blanc qui rend la découpe particulièrement destructrice, sauf à user d’habiles stratagèmes qui sont à ma portée, mais c’est une contrepartie à la beauté que j’accepte. Dès le premier coup de couteau, je ressens effectivement des effluves de chocolat et de vanille.

Je vous signalerai avant de rentrer dans plus de détails que cette bouchée semble faite en deux parties qui ont été assemblées après leur fabrication. La partie basse avec la ganache et le massepain, et la partie haute avec le caramel à la vanille et la fleur de décoration. Chacune de ces parties est enrobée d’une couverture de chocolat noir d’un aspect mat et fortement cacaotée. Elle se casse de façon nette à la découpe, pour ensuite rapidement fondre en bouche.

L’épaisseur du chocolat de couverture est variable. Si elle est joliment fine et homogène sur la partie basse, elle est parfois plus épaisse en périphérie sur la partie haute. Cette dernière semble elle-même d’un diamètre plus petit, ce qui expliquerait la variation d’épaisseur du chocolat sur le contour. Personnellement j’aurais préféré que la couverture enrobe toute la composition en une seule fois, car en l’état on se retrouve avec une construction à deux étages avec une interruption psychologique entre les deux, à savoir la couverture de chocolat de la partie haute qui apparaît comme une démarcation au milieu des couches de la bouchée.

Le caramel est généreux, soigneusement déposé en spirale. Il est visqueux sans être liquide, ayant la texture d’une pommade par exemple. Très riche en grains de vanille que l’on voit à l’œil nu, il est également fortement parfumé lorsque je le déguste seul, sans souffrir de la moindre amertume.

Le massepain quant à lui me semble mériter toutes les louanges. Moelleux sans être collant, légèrement granuleux, et surtout relativement peu sucré, j’y retrouve sans ambiguïté la saveur douce de l’amande accompagnée d’une envoûtante note de fleur d’oranger parfaitement dosée. Il est très réussi dans le contexte qui lui est donné.
Enfin, la ganache généreuse qui occupe une bonne partie de la création nous rappelle que nous sommes bien chez un chocolatier. Assez rigide, il faut la laisser fondre sur la langue. Elle me semble aussi cacaotée que la couverture, du moins en sensation sur les papilles, bien que sa saveur possède une rondeur et une douceur supplémentaires.

VERDICT
Mâles alpha qui voulez passer pour des tendres, cette création est le cadeau idoine que vous pourrez offrir à votre moitié pour la Saint-Valentin, manifestant une saveur puissante et profonde sous couvert de délicatesse apparente. On peut se réjouir que William Artigue a mis de côté la niaiserie des cœurs en chocolat que l’on voit partout en cette occasion pour proposer quelque chose de plus poétique, usant de sa technique, devenue signature, de coloriage sur moule, pour former une jolie fleur aux couleurs du soleil couchant. Cette création, au-delà de sa beauté manifeste, nous intéressera par sa composition originale et raffinée. Je la conçois comme une version XXL d’un bonbon de chocolat, car en ce sens c’est effectivement la saveur forte en cacao qui l’emporte globalement. Si c’est attendu de la part d’un chocolatier, peut-être que cela ne rend pas assez justice à la délicatesse pourtant avérée des composants de cette bouchée : un caramel onctueux et doux richement vanillé, accompagnant un massepain épatant de justesse, aux saveurs d’amande et de fleur d’oranger. Ces deux éléments, exemplaires individuellement, deviennent plutôt des nuances apportées à la force du chocolat de la ganache et de la couverture. Il est vrai que j’aurais voulu que leur existence propre soit plus affirmée, mais je ne doute pas que cette bouchée éphémère proposée uniquement pour la Saint-Valentin saura toucher sa cible en plein cœur.
Adresse :
30 rue Yves Toudic, 75010 Paris
Tél : +33 1 48 74 15 20
www.lachocolaterie-williamartigue.com

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