Saint-Honoré par Le Bristol

Son regard opalin est vide, désespérément vide, bien qu’il ait été si expressif autrefois, il est maintenant dépourvu de tout sentiment, de tout courage, de tout sens. Nous observons ses grands yeux, nous essayons de comprendre ce qu’il s’est passé, mais il n’y a plus rien : ils sont très ouverts mais bien éteints. Ils sont devenus banals, que leur est-il advenu, eux qui nous ont scruté auparavant comme un couteau qui fouille dans notre cœur ? Tout meurt. Ce que nous avons connu semble avoir disparu, et c’est comme une libération. Son regard est dorénavant blanc, anodin, de la couleur laiteuse d’une crème sur une pâtisserie que nous nous apprêtons à étudier, un Saint-Honoré par Julien Alvarez au Bristol à Paris.

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Le Saint-Honoré par Cédric Grolet Opéra

Nous venions de fermer nos yeux sur l’oreiller quand une sensation étrange s’empara de nous. Dans l’obscurité, les draps, les meubles, les murs et toutes les limites physiques de la chambre commencèrent à s’estomper. C’était une impression mystérieuse d’être suspendu, non pas soi-même, mais plutôt d’avoir sa conscience suspendue en équilibre entre deux réalités. L’une s’effaçait tandis que l’autre reprenait forme autour de nous, en revenant d’un souvenir lointain. Avec les paupières closes, notre corps ressentit à nouveau les sensations d’une autre chambre, comme si nous avions été transportés dans le passé vers un lieu que nous avions abandonné. La chose la plus étonnante était cette faculté du cerveau à recréer une réalité déconnectée des conditions physiques, même si ces dernières nous rattrapèrent aussitôt que nous rouvrîmes les yeux. Alors maintenant, à l’heure où nous dégustons un Saint-Honoré par Cédric Grolet tout à fait différent de sa forme habituelle, suffira-t-il de fermer les yeux pour reconstituer les sensations attendues de ce dessert ?

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Le Saint-Honoré par Le Mandarin Oriental

Si vous pensez que c’est le premier Saint-Honoré que nous fréquentons au Mandarin Oriental, vous vous fourvoyez ! Nous avons déjà essayé celui du chef Pierre Mathieu il y a quelques années, tout en horizontalité, et nous voilà maintenant face à celui du chef Adrien Bozzolo, tout en verticalité, droit, inflexible ! Lequel préférer, comment prendre parti ?! Nous ne le savons pas, tant les deux positions nous sembles avantageuses chacune à sa manière ! Alors que l’un se couche ou que l’autre soit au garde-à-vous, nous saurons toujours trouver notre intérêt dans cette affaire. Inspectons cette création emblématique du palace parisien, et voyons ce qu’elle nous fait ressentir.

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Saint-Honoré à la Vanille par Stohrer

Nous sommes d’humeur à faire une grande folie ! Quelque chose de retentissant, de scandaleux ! Mais après, nous nous ravisons, nous laissons glisser le temps en toute discrétion, sans fracas… Nous basculons entre ces deux désirs, entre l’extravagant et l’austère, comment trouver le juste milieu ? Difficile question qui nous occupe en cette fin d’année, mais nous tenterons d’y répondre avec un Saint-Honoré à la Vanille par Stohrer, une pâtisserie à la fois baroque et raisonnable, comme nous.

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Saint-Honoré au Chocolat par Liberté

Nous recomposons les choses, avec des éléments épars nous reconstruisons une structure, un monde pour tous, nous redonnons un sens à la vie. L’être peut s’adapter, peut endurer et renaître quand il y a l’amour. Et parfois c’est tout ce qui reste, et c’est à ce moment que la vérité surgit. Tout assemblage crée une nouvelle réalité : en prenant une pâte sablée, des choux et différentes crèmes, l’on réussit à monter l’un des desserts les plus emblématiques de la pâtisserie française, le Saint-Honoré. Nous en dégustons une version chocolatée chez Liberté. Continuer la lecture de « Saint-Honoré au Chocolat par Liberté »