Tartelette à l’Orange par Jean-Paul Hévin

Quelqu’un m’a dit que les problèmes existentiels se règlent simplement en existant. L’évidence de cette petite phrase lancée au détour d’une conversation, et l’assurance qu’elle apporte, m’a fait comprendre que les choses qui me préoccupent peuvent être arrangées d’une façon plus coite. Il me suffit peut-être d’être là, d’être entièrement au moment présent, de vivre et de voir. Si l’on ne se pose pas de questions, y a-t-il alors encore un problème ? Ne pas se laisser en proie aux doutes et aux questionnements de tout genre est un acte volontaire, un vrai effort de chaque instant. C’est une vertu d’arriver à observer les choses telles qu’elles sont, de les nommer simplement. Chez Jean-Paul Hévin, une Tartelette à l’Orange dit bien ce qu’elle est, sans tralala. Voyons ce qu’elle nous réserve.

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Namagashi Lapin par Toraya

Quels sont les contours de la personne que je suis, par rapport à celle que j’étais il y a un an ? Dans le miroir je ne suis pas très différent, pourtant j’ai changé. Je m’observe, je me décode, et j’aperçois enfin la faille qui s’est ouverte en silence. D’abord invisible, elle a été creusée par l’isolement, l’angoisse et la méfiance de cette période que je traverse, elle donne sur un gouffre originel. Je sais qu’il est impossible de la refermer. Il faut juste que je sois patient, que j’attende la cicatrice. Elle arrivera un beau jour. Je veux éviter d’ajouter une quelconque souffrance à cette société, je veux m’éloigner du jugement systématique, tout est déjà tellement dur pour tout le monde. Nous sommes tous faillibles, moi le premier. Et nous avons tous besoin de tolérance, de la gentillesse d’un petit lapin blanc par Toraya.

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Le Millefeuille façon Paris-Brest par Christophe Michalak

Je ferme la porte, je ferme les yeux, je ferme mon cœur. À double tour, il faut que je me barricade, que je ne vois plus, que je ne pense plus, que je ne comprenne plus, que je ne sache plus combien c’est difficile, combien c’est injuste, pour toi, pour moi. Il n’y a pas de solution, j’ai beau chercher, il n’y en a pas. Il faut que je supporte, que je me blinde, que j’oblitère le sentiment. Je dois y arriver, je ne peux pas faillir, c’est mon rôle, c’est ma responsabilité, c’est ce que je te dois, c’est ce que je me dois. Et j’ensevelis le tout sous mille tracas du quotidien, mille considérations inutiles, le millefeuille des bonnes raisons pour se faire une raison. Un millefeuille qui transforme la réalité, comme il transforme un Paris-Brest chez Christophe Michalak.

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Tarte au Chocolat par David Doualan

De cette terrasse en bord de mer, je me souviens surtout du pavement fait de petits galets pris sur la plage. Ronds et lisses, ils étaient plantés dans le sol, faisant de petites arabesques selon leur couleur, noire ou grise. Je ressens encore ces petites bosses qui s’enfoncent dans la peau tendre de mes pieds et me font perdre l’équilibre. C’est leur dureté et leur chaleur qui me restent, et ce contraste entre leur aspect doux et leur rudesse qui cogne la peau. Quand je referme la bouche sur une tarte au chocolat par David Doualan, je suis de nouveau sur cette terrasse, je ressens encore ces petits coups que le grué de cacao donne dans la pulpe de mes lèvres, avant qu’elles ne s’enfoncent profondément dans le fondant d’une ganache. Cette pâtisserie aura-t-elle l’intensité du souvenir ?

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La Babka des Rois par Babka Zana

Qui a dit que le beurre connaît des limites ? Que cela est faux et trompeur ! Pendant l’Épiphanie, dire une chose pareille relève du sacrilège. Il n’y a pas de limites au beurre qu’on peut mettre dans les galettes ! On en rajoute comme si notre vie en dépendait. En la matière, Babka Zana propose une sorte de Galette des Rois, une Babka géante à la frangipane dont la riche pâte a été feuilletée généreusement. C’est dans cette pâte mouvante comme des flots de douceur que nous allons nous engouffrer, et en ressortir peut-être glorieux avec une fève assez amusante, mais certainement bien nourris.

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