Roulé au Matcha par Sadaharu Aoki

À pas de loup, elle s’était remise sur notre chemin. Nous ne pensions pas la revoir ainsi, mais c’était bien elle. Impassible, elle nous attendait sur une passerelle sinistre. Son regard nous arrêta. Sous nos pieds, l’autoroute en flux tendu. La passerelle rouillée tremblait dans le vacarme des véhicules qui passaient, les poids lourds se ruaient vers nous, faisaient tressauter toute la structure. Puis au moment où ils nous atteignaient, ils disparaissaient soudain sous le métal, comme engloutis dans une ouate insondable ! Était-ce donc aussi rapide, aussi doux ? Leur violence semblait s’anéantir dans la douceur d’une autre dimension, comme une bouche insatiable qui se referme sur le moelleux d’un biscuit spongieux, l’un de ces tendres roulés au matcha que l’on trouve chez Sadaharu Aoki.

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Le Fraisier par Boris Lumé

Même aux plus beaux jours, pourquoi la Bretagne est-elle si mélancolique ? C’est une saveur qui nous souvient d’une journée d’été à Concarneau… En attendant notre bateau nous nous sommes allongés sur l’herbe derrière l’église de la ville close, les yeux dans le bleu, regardant les nuages passer. Nous avons ressenti la peur du grand départ, et l’enthousiasme face à l’inconnu aussi. Sur notre lit de verdure nous avons goûté un fraisier, certes classique, mais les circonstances l’ont rendu inoubliable. Et nous y pensons à chaque fois que nous en dégustons un, comme celui de Boris Lumé. Ce dernier lui a donné un autre aspect et une autre composition, mais espérons que la saveur du fruit sera aussi vive que le souvenir.

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Forêt-Noire par La Grande Épicerie de Paris

Ses cheveux noirs nous tombent sur le visage, nous passons nos doigts dedans, nous les relevons et nous les laissons retomber. Ils s’éparpillent sur nos joues, sur nos lèvres, sur nos yeux. Nous entrevoyons son regard qui nous fixe dans le silence, et ses yeux s’illuminent dans le noir de ses cheveux comme deux lunes dans le ciel d’une forêt sombre. C’est une forêt noire où nous disparaissons, elle nous arrache à cette réalité et nous mène ailleurs. Peut-être dans ce monde de plaisirs qui nous est aussi promis par la Forêt-Noire de La Grande Épicerie de Paris.

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Le Mont-Blanc par Pâtisserie Le Bon

Chaque montagne est plus haute que celle qui la précédée, pourtant il faut la franchir. C’est l’effort constant, le chemin que l’on fait pas après pas. Il nécessite de croire à un idéal, il exige une forme de solitude incompréhensible aux autres. Et puis il faut essayer d’oublier ses peurs… Car elles reviendront tôt ou tard pour manger le monde. Au sommet de chaque montagne, tout se remet à zéro. Une nouvelle page blanche est à écrire, c’est notre Mont-Blanc. Nous le prenons à deux mains et le mordons à pleines dents ! Voyons ce que nous réserve celui de la Pâtisserie Le Bon.

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Semla par Nanan

Regardez donc ce petit dessert que nous avons déniché, dodelinant du ventre dans la vitrine de la pâtisserie Nanan ! A-t-on idée d’être aussi dodu, aussi rond, aussi replet ? Est-il juste permis de non seulement être scandaleusement moelleux, mais aussi d’être abondamment garni d’une crème légère qui déborde et fait fi de toutes les règles de bienséance ? Mais c’est d’une insolence ! Nous n’avons qu’une seule envie : le pincer jusqu’à la crème ! Ou bien le mordre, ce serait assez satisfaisant aussi. Nous optons pour la deuxième solution, histoire de voir s’il nous cache une surprise inattendue. Goûtons vite et tirons cette affaire au clair, il le faut.

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