Flan à la Vanille par Fauchon

Chaque minute nous demande pour quelle raison il faut encore se battre. Sans passé ni futur, quel est le sens de la vie ? Y a-t-il seulement une direction vers laquelle tendre, y a-t-il vraiment un chemin ? Ou bien, selon l’épitaphe, « ceci n’a rien à voir avec rien » ? Dans ce grand monde surpeuplé, chacun est bien seul au final. Nous sommes accrochés dans le vide, flottant dans les limbes. De minuscules points discrets dans l’univers, comme de petits grains de vanille suspendus dans l’appareil d’un Flan chez Fauchon.

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Millefeuille Glacé par Une Glace à Paris

Toute la nuit les draps nous étouffent, nous nous en voulons d’être tombés dans son piège. Encore une fois nous avons cru à l’amour, mais nous avons trébuché. Pourquoi la vie est-elle si compliquée quand nos sentiments sont si simples ? Chaque aventure nous rappelle que nos cœurs d’enfants ne sont pas faits pour ce monde, ils s’y font piétiner impitoyablement. Derrière nos paupières qui se ferment la douleur reste éveillée : comment combler son absence à présent ? Quel livre, quelle musique, quelle distraction l’enlèvera de nos pensées ? Les heures passent et ce lit encore chaud la veille est devenu tout froid, comme un Millefeuille glacé par Une Glace à Paris.

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Le Flan par Sébastien Dégardin

Ils sont là mais ils sont déjà partis. Doucement mais sûrement ils s’estompent, en le ressentant mais en n’osant pas en parler. Nous nous accrochons à leur regard, nous attendons chaque parole, nous guettons chaque geste comme une lueur d’espoir… Un dernier sourire et tout redeviendra comme avant, une dernière étreinte et bien des années s’effaceront… Que cela est dérisoire, que l’Homme est prétentieux et idiot de penser que son histoire sera différente, qu’il pourra s’échapper des crocs avides du temps qui passe ! Tout nous rattrape un jour ou l’autre, il n’y a que la solitude qui grandit. Elle qui se cachait dans les coins sombre de la chambre revient maintenant au grand jour et dévore le monde. Et eux s’éloignent encore plus de nous, deviennent de plus en plus troubles, ils se fondent dans les nuances et nous ne les discernons plus. C’est un brouillard, un flou total où les couleurs se mélangent et s’entremêlent comme sur la surface d’un flan pâtissier par Sébastien Dégardin. Continuer la lecture de « Le Flan par Sébastien Dégardin »

Le Nœud Gourmand par Thierry Meunier

Les aiguilles de l’horloge se sont arrêtées, elles dont la course nous semblait éternelle autrefois. Fines et précises, leur métal acéré ne tourne plus dans le cadran romain : elles sont prêtes à accomplir leur œuvre assassine. Patientes, elles ont attendu des années, et c’est maintenant qu’elles couperont dans la chair. L’horloge cassée nous fixe, elle fige le moment comme une douleur infinie, elle fait d’inextricables nœuds dans l’espace-temps, nous attachant les mains, nous serrant la gorge, nous étouffant. Des nœuds qu’on ne peut défaire que d’une seule façon, en se brisant soi-même. Il faut payer de son cœur et de son sang, il faut l’accepter, c’est la loi cruelle de ce monde. Nous sommes emportés par ce que nous ne contrôlons pas, piégés dans la toile patiemment tissée par les aiguilles de l’horloge, comme le chocolat est pris dans les circonvolutions du feuilletage du Nœud Gourmand de Thierry Meunier. Continuer la lecture de « Le Nœud Gourmand par Thierry Meunier »

[Sydney] Chapitre 3: Un grain de sable – Cruffin par La Renaissance

Sur un arrêt de bus une voix nous interpella : le prochain allait-il à Manly Beach ? Nous nous retournâmes pour nous excuser mais rapidement d’autres passagers confirmèrent cette destination. C’était un Danois qui venait d’arriver à Sydney, et qui comptait passer ses deux prochaines années en Australie. Il avait tout abandonné dans son pays, contre l’avis général, et il était venu vivre au jour le jour de petits boulots et d’insouciance. Il avait l’air heureux, comme on peut l’être parfois en s’abandonnant au sort et en se laissant porter par le hasard. Et ce jour-là, tout ce qui comptait pour lui était de se trouver sur la plage, l’esprit libre et les pieds dans le sable. Voilà donc qu’un grain de son sable fin s’immisçait dans l’engrenage de notre quotidien bien réglé… Et si la vraie vie était ailleurs, autrement ? Avait-il tout compris ? Qu’est-ce qui donne du croustillant et de la saveur à l’existence, comme à ce Cruffin de la pâtisserie Renaissance que nous nous apprêtons à déguster ? Continuer la lecture de « [Sydney] Chapitre 3: Un grain de sable – Cruffin par La Renaissance »