Sérénité par Pain de Sucre

Sans cesse appelés par un futur incertain, et retenus par un passé insondable, nous flottons dans des limbes où nous recherchons encore le moment présent. N’est-ce pas en lui, fugace et insaisissable, que réside la promesse de sérénité ? N’entendons-nous pas partout l’injonction de profiter de l’instant vécu comme une obligation de trouver le bonheur personnel, et de le rechercher jusqu’à en crever ? Hélas cette quête est elle-même parfois ce qui éloigne le plus de la sérénité. La paix est ailleurs, peut-être dans l’abandon, peut-être dans une forme d’acceptation : doucement ranger les armes, jeter ses bagages par-dessus bord et donner un coup de rame qui éloigne du rivage… Pourtant la Sérénité est aussi promise dans les choses les plus simples comme dans ce dessert proposé à la pâtisserie Pain de Sucre.

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Brioche au Cardamome et à la Cannelle par O/HP/E

C’est un La Majeur qui résonna dans la salle silencieuse de la philharmonie quand le premier violon débuta le prélude de Lohengrin. L’instrument, frotté d’abord doucement par l’archet, émettait un son qui nous sembla comme une main qui s’était posée sur une corde sensible de notre âme. Mais petit à petit, la musique qui s’étoffait avec les bois et qui descendait dans les graves faisait vibrer cette corde, commençait par nous intriguer pour ensuite réveiller en nous des émotions insoupçonnées. Elle si frêle au début se révélait grandiloquente à présent, nous forçait à la suivre, s’immisçait dans notre cœur et devenait menaçante. À son paroxysme, les cuivres se joignirent à l’ensemble et cognèrent sur les portes de notre mémoire, tout l’orchestre exulta d’une musique qui nous traversa comme un spasme et le cymbalier se leva, fit tinter d’un air impérieux ses deux disques de cuivre éclatants sous la lumière, arrosa la salle d’un retentissement fatal qui fit sauter tous les verrous que l’on peut garder en soi. Malgré nous les larmes nous vinrent aux yeux, nous étions exténués, vaincus. Enfin les violons nous bercèrent une dernière fois, revinrent progressivement au calme et bouclèrent avec le début de leur partition. C’est alors que nous nous dîmes que Wagner avait décidément compris quelque chose sur les émotions humaines, sur leur construction, que peu de gens avaient réussi à comprendre. Ce mélange de douceur et de fermeté, cette exigence, pourrons-nous les retrouver dans une friandise telle que la Brioche au Cardamome et à la Cannelle proposée chez O/HP/E ? Réussira-t-elle à accorder le moelleux de sa pâte à la force de ses épices ? Nous chercherons à le savoir. Continuer la lecture de « Brioche au Cardamome et à la Cannelle par O/HP/E »

Le Censier par Carl Marletti

À certains édifices une odeur d’encens sied,
D’autres endroits embaument plutôt le chocolat.
Chez Carl Marletti le choix est fait sans ciller :
Aux passants le deuxième servira comme appât.
Sur un gâteau, voyons notre main glissant scier
Délicatement la crème sans causer de dégâts,
Cela fond, craque et croustille, c’est bien le Censier
Que nous jugerons là comme une affaire d’état. Continuer la lecture de « Le Censier par Carl Marletti »

1001 Feuilles par Maison Aleph

Reviendra-t-il un jour l’Orient qui a tant fait rêver les peintres, les poètes ou les musiciens ? Une contrée lointaine, généreuse, où l’on imagine les fruits gorgés de sucre, les desserts nappés de miel, où l’on savoure le temps qui passe lentement à l’ombre d’un olivier… Et si aujourd’hui nous posons notre regard sur les cendres, si nous nous promenons entre les ruines où retentissent encore les cris, pourrons-nous toujours imaginer les oiseaux qui jadis ont chanté dans les jardins, les cours d’eau qui ont luit comme une lame de couteau sous le soleil, l’amour qui a été aussi profond que la haine ? On voudrait goûter à ce rêve, et peut-être y croire. C’est dans le croustillant des pâtisseries de la Maison Aleph que nous tenterons de le vivre, avec un assortiment de leur Mille et Une Feuilles. Continuer la lecture de « 1001 Feuilles par Maison Aleph »

Tarte aux Figues par Bontemps

Agréable et à l’aise partout, comme nous, le figuier est un arbre que nous bénissons chaque automne. Qui peut imaginer un instant qu’en poussant parfois dans les zones les plus arides de la méditerranée, cet auguste végétal puisse donner les fruits les plus doux et les plus mielleux qui soient ? C’est un miracle ! Et nous comptons bien en profiter. Garnie d’insolentes figues de Solliès, toutes rondelettes et charnues, une tarte se fait remarquer à la pâtisserie Bontemps. Mais est-elle bien dans les règles et ne cache-t-elle rien de suspect ? Une audition de cette tarte au Tribunal des Gâteaux s’impose ! Continuer la lecture de « Tarte aux Figues par Bontemps »