Passion Épicée par Christophe Roussel

Nous montions en visant le sommet de cette montagne qui nous semblait inatteignable quelques jours plus tôt. Près du but, ce fut la neige que nous rencontrâmes, éblouissante au soleil, fraîchement laissée par la tempête de la veille. Chaque pas que nous faisions partait alors dans deux directions à la fois, nous faisait monter en altitude vers notre destination future, et nous faisait glisser vers le passé, vers cet enfant transi de froid dans la montagne enneigée. Ce qui nous souvenait de ces années nous frappait dans les jambes, semblait s’accrocher à nos pieds, nous appesantissait en ricanant. Tout nous revenait : les chutes, le froid, la défaite. Pourtant ce sommet que nous entrevoyions nous appelait, nous exhortait à ne pas chanceler, à nous départir de nos craintes et à réécrire une autre histoire. La vue fut magnifique une fois arrivés. Épuisés, en sueur, mais heureux d’une joie rédemptrice. Cette montagne, c’était notre conquête. Et depuis, nous en conquérons d’autres, de multiples Mont-Blancs, ou encore ce petit entremets ayant la forme d’une montagne enneigée. Voyons si nous savourerons tout autant cette « Passion Epicée » par Christophe Roussel.

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Fleur de Cassis par Pierre Hermé et La Maison du Chocolat

D’où viennent ces paradoxes en nous, d’être à la fois enfants et adultes, rêveurs et désenchantés, heureux et mélancoliques ? C’est comme si le temps s’était arrêté entre deux âges, que nous avions gardé un pied dans chaque monde. Des choses contraires trouvent leur harmonie en nous. La vie passe, ses tempêtes et ses bombes, et nous finissons toujours par trouver un équilibre. L’apaisement, c’est peut-être ce qu’il faut craindre le plus. Car des paradoxes naissent les choses les plus belles et les plus passionnées, comme lorsqu’un dessert tente de joindre le chocolat au cassis. Une entreprise risquée dans laquelle Pierre Hermé s’est vaillamment lancé avec La Maison du Chocolat.

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Le Béret Basque par Pariès

Il était doux et chaud, peut-être un peu rêche par endroits. Nous passions une main innocente sur son tissu souple, parfois il fallait tirer sur sa tige pour lui redonner un peu de forme. Nous parcourions ensuite toute sa surface pour redescendre sur ses bordures, puis nous ajustions la coiffe sur notre tête. Ainsi, il était bien. La façon dont il allait tomber était primordiale, c’était là tout notre art. Un béret ne pouvait pas être mis n’importe comment ! Pourtant chez Pariès, un Béret Basque ne va pas du tout là où on le pense : non pas sur la tête, mais dans la bouche.

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Le Fraisier par Le Temps et le Pain

C’était irrépressible, il nous fallait lui parler. Nos sentiments s’épanchaient d’une plaie qui s’était soudain ouverte, nous laissant consternés. Chaque mot que nous disions nous rapprochait du précipice, nous assourdissait, nous aveuglait, saturait notre conscience. Au milieu de cet ahurissement, le téléphone n’arrêtait plus de sonner. Nous ne décrochions pas. Cette maudite sonnerie s’acharnait sur nous, elle nous tambourinait sur le crâne, jusqu’à ce que le cerveau explosât et le cœur explosât, au même moment que l’air explosait, l’immeuble explosait, la ville explosait, le monde explosait. Puis vint le silence dans la poussière. Nous nous relevâmes en lambeaux, non pas par courage mais par stupeur. La solitude fut encore plus grande, plus perçante. Seul le temps nous réparerait, et saurait enfin enterrer les illusions des jeunes années. C’est ce temps qui fait tout autant mourir les espérances que mûrir les choses les plus délicieuses, des fraises des bois qui couronnent un Fraisier par Ludovic Fontalirant chez Le Temps et le Pain.

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Caroline par Sucré Cœur

Nous avons rarement connu beauté pareille. Quand nous nous souvenons d’elle, nous revoyons sa splendeur, ses cheveux qui ondulent sur ses épaules, son sourire qui nous marque jusqu’au fond de l’âme… Comment tant d’épreuves ont pu un jour créer chez elle ce si beau sourire qui fait tout oublier ? Quand elle nous regarde, elle nous oblige à vivre le moment présent. On croit alors que ses yeux n’ont jamais pleuré, on pense qu’elle s’est affranchie de tout, avec la facilité d’une robe qu’elle a changée sans paraître y faire attention. Elle semble à tout jamais figée dans la fraîcheur de l’instant. Retrouverons-nous cette même fraîcheur dans un entremets qui porte son nom, Caroline, à la pâtisserie Sucré Cœur ?

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