L’Oranger par Sébastien Gaudard

C’est peut-être illusoire de penser que je peux trouver un quelconque repos, et pourtant cette conscience de la vanité ne me console pas. J’aimerais un jour ne plus me sentir différent, incompris, ou abandonné. Est-ce que ce mal ne se répare jamais ? Je voudrais retrouver l’insouciance. Pourtant, l’aiguille s’enfonce lentement dans ma peau, le temps passe et elle est toujours là. Quand j’étais petit, j’en prenais une grande et je piquais les oranges. Puis je les pressais entre mes mains pour en faire sortir tout le jus et le boire. C’est peut-être la façon la plus gourmande de les déguster. Mais on peut aussi en profiter dans des pâtisseries, comme dans cet Oranger trouvé chez Sébastien Gaudard.

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Carré Coco Mangue par La Boulangerie de la Tour

Ces vêtements me collent agréablement comme une seconde peau. Élastiques et lisses, ils épousent mes bras, cintrent ma taille, galbent mes cuisses. Quand je me déplace dans la chambre, j’entends leur doux frottement silencieux. Dehors il neige, et je m’apprête à sortir, mais je prends mon temps. Je me regarde dans le miroir sous tous les angles, je me trouve très bien, ainsi ficelé dans cette étoffe synthétique et souple. Car dans le froid, ils me tiendront chaud. Je sillonnerai les pistes enneigées sans crainte, descendant les lacets qu’elles dessinent dans la montagne comme cette crème blanche qui sillonne sur le Carré Coco Mangue par La Boulangerie de la Tour.

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La Cacahuète par Cédric Grolet, le Meurice

Je lève le verre, je trinque et je bois d’un trait, puis je le fais résonner contre la table de bois pendant que le liquide chaud coule dans ma gorge. La soirée est belle dans cette montagne enneigée, où le temps semble arrêté, où je me crois hors d’atteinte. Pour un instant j’ai le sentiment de posséder tout ce qui compte au monde. Les rires fusent autour de moi et je me laisse emporter par le parfum de cette liqueur herbacée qui me caresse à nouveau les narines. Puis soudainement, je ne sais plus si c’est la joie ou la douleur qui me fait rire. La discussion autour de moi s’assourdit comme un écho qui me renvoie à moi-même. Je me sens plein, et je me sens vide. Je suis le tout, et je ne suis qu’une partie. Comment redevenir entier à nouveau quand l’autre me manque ? La Cacahuète par Cédric Grolet n’est qu’une moitié aussi, mais sera-t-elle synonyme de plénitude ?

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Le Millefeuille façon Paris-Brest par Christophe Michalak

Je ferme la porte, je ferme les yeux, je ferme mon cœur. À double tour, il faut que je me barricade, que je ne vois plus, que je ne pense plus, que je ne comprenne plus, que je ne sache plus combien c’est difficile, combien c’est injuste, pour toi, pour moi. Il n’y a pas de solution, j’ai beau chercher, il n’y en a pas. Il faut que je supporte, que je me blinde, que j’oblitère le sentiment. Je dois y arriver, je ne peux pas faillir, c’est mon rôle, c’est ma responsabilité, c’est ce que je te dois, c’est ce que je me dois. Et j’ensevelis le tout sous mille tracas du quotidien, mille considérations inutiles, le millefeuille des bonnes raisons pour se faire une raison. Un millefeuille qui transforme la réalité, comme il transforme un Paris-Brest chez Christophe Michalak.

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Cirrus par Philippe Conticini

Moi qui pensais que tu avais disparu un matin d’hiver, que je t’avais égaré dans mon brouillard, sans aucune explication, j’avais tort. Tu n’avais pas disparu, tu t’étais évadé. Tu avais choisi ton moment et, avec la ponctualité que je te connaissais, tu t’étais libéré d’un monde qui te deviendrait hostile, de murs qui limiteraient ton horizon, d’un corps qui t’emprisonnerait, d’une tête qui te malmènerait. Ce fut silencieux. Cette évasion qui s’était faite sans mots, dans le calme, j’en découvris la saveur dans un Cirrus par Philippe Conticini, où le Cannabidiol libéra doucement mes pensées d’une réalité qui voulait les contraindre.

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