Forêt-Noire par Sébastien Gaudard

Dans notre sommeil nous rêvions d’une douce lumière qui nous baignait et nous réchauffait tendrement. Une clarté divine nous éclairait, une voix douce nous murmurait à l’oreille et nous appelait à la rejoindre. C’était un sentiment de joie, et de certitude, que rien ne bouleversait à part de temps en temps la sensation d’un feuillage qui nous caressait la peau. Cette caresse, timide au commencement, devenait de plus en plus soutenue, quand soudain une odeur de terre humide atteignit notre nez. D’abord légère, elle devint rapidement entêtante. Au moment où elle s’intensifiait les feuilles qui nous effleuraient devinrent progressivement des branchages entiers qui nous râpaient la peau, des épines jaillissaient et piquaient nos flancs. Nous ouvrîmes les yeux et la lumière s’éteignit, la nuit augmenta et toute une forêt enténébrée nous engloutit et nous happa dans un voyage sans retour. Comment sortir de cette forêt, et faut-il vraiment s’en échapper ? Y a-t-il un plaisir à faire ce voyage, est-il aussi intense que son obscurité ? Une Forêt Noire peut être pleines de surprises, voyons si celle de Sébastien Gaudard tient ses promesses. Continuer la lecture de « Forêt-Noire par Sébastien Gaudard »

Le Cheesecake par Emma Duvéré

Comment faire page blanche du passé et se libérer de ce qui nous y enchaîne, puis progressivement apprendre à désapprendre et à rechercher soi-même sa vérité ? Il faut parfois lâcher prise, laisser les contraintes du quotidien glisser sur soi comme une peinture que l’eau dilue et lave pour révéler une toile vierge. C’est peut-être alors, quand on atteint un fond d’une blancheur entêtante, libérés de nos préjugés et préconceptions, que nous arrivons à la plus simple et la plus aboutie compréhension de soi-même. C’est ainsi qu’Emma Duvéré dénude son cheesecake jusqu’à arriver à l’essentiel, pour le proposer avec un raffinement prometteur. Réussit-elle cette charge? Nous sommes là pour en juger. Continuer la lecture de « Le Cheesecake par Emma Duvéré »

[Montréal] Croustillant et Cake Moelleux aux Pacanes, Erable, Canneberge et Candy Cap par Patrice Demers

Nous ne nous doutions pas à quel point dire oui à tout peut nous mener loin. À Montréal, nous en faisons l’expérience : il faut tout accepter, tout. Aller découvrir un nouvel endroit ? Oui ! Parler à des inconnus ? Oui ! Faire des câlins aux écureuils (attention ils mordent) ? Oui ! Manger des champignons dans le dessert ? Ça alors… Oui ! Car c’est bien cela que Patrice Demers propose dans sa pâtisserie, un gâteau dont la crème est aromatisée aux champignons forestiers, l’armillaire du miel et le lactaire, autrement connu sous le nom de candy cap ! Mais est-ce seulement permis de consommer des champignons librement sans en évaluer les effets ? Le Tribunal des Gâteaux doit intervenir, car c’est proprement stupéfiant. Continuer la lecture de « [Montréal] Croustillant et Cake Moelleux aux Pacanes, Erable, Canneberge et Candy Cap par Patrice Demers »

[Montréal] Framboisette par Christian Faure

Le lien est fort entre le Québec et la France. Quand nous regardons les gens dans la rue, nous ne pouvons nous empêcher de ressentir une familiarité avec eux, nous les considérons non comme un peuple cousin mais bien comme un peuple frère sur une autre rive, et parfois nous pensons à leur éloignement avec un petit pincement dans le cœur. En tant que Français il est de notre devoir de nous joindre à la cause du Québec. L’Histoire nous oblige. Chacun à son niveau peut contribuer à renforcer la relation fraternelle entre les deux pays. Commençons ici par la pâtisserie, et réjouissons-nous de trouver un Meilleur Ouvrier de France œuvrant à Montréal ! Il s’agit de Christian Faure chez lequel nous choisirons une « Framboisette » que nous dégusterons minutieusement ! Continuer la lecture de « [Montréal] Framboisette par Christian Faure »

Toulouse-Lautrec par Arnaud Larher

La nuit tombée, c’est un privilège de se retrouver parfois en pleine campagne ou sur une île perdue au large. Les lumières de la civilisation sont alors loin des regards, et en levant les yeux au ciel on le voit enfin dans sa vraie noirceur. Son obscurité d’encre de Chine nous engloutit, nous happe, et on découvre ainsi les innombrables étoiles qui le constellent. C’est une profusion époustouflante de lumières qui scintillent au dessus de la tête, un rappel de la beauté d’un univers où l’on est minuscule! Puis, non sans un frisson, on se rend compte à quel point on est insignifiant devant son immensité… Noir comme le ciel limpide d’une nuit d’été où une brillante étoile nous guide, l’entremets Toulouse-Lautrec par Arnaud Larher nous donnera-t-il les frissons espérés? Continuer la lecture de « Toulouse-Lautrec par Arnaud Larher »