[Sydney] Chapitre 2: Le reflet – Summer Delight par Merchants of Ultimo

C’était un quai où les bateaux ne venaient plus, nous nous y sommes arrêtés par hasard au crépuscule. Le ciel était clair, il faisait chaud en cette journée d’été et l’eau était étonnamment calme dans cette petite crique. Du haut du quai, nous voyions une canne à pêche s’élever d’un niveau plus bas qui donnait sur l’eau. Elle luisait furtivement au soleil, son fil s’irisait sous les rayons et devenait incandescent, puis elle s’élançait rapidement dans l’eau, faisait des va et vient, se cabrait puis se tendait, remontait puis descendait, comme si son seul but était de jouer avec cette lumière de fin de journée. Nous nous penchâmes du haut du quai et aperçûmes le pêcheur dont le visage se reflétait dans l’eau. Rapidement nos reflets se fixèrent du regard, et les vaguelettes effacèrent aussitôt toute trace de cette image. Nous ne nous revîmes plus, mais l’eau et la lumière à cet instant de l’été australien continuaient à nous bercer. Le moment serait éphémère, comme une pâtisserie de saison qu’on ne trouverait qu’aux beaux jours. Pourrons-nous en dire autant du Summer Delight par Merchants of Ultimo ? Continuer la lecture de « [Sydney] Chapitre 2: Le reflet – Summer Delight par Merchants of Ultimo »

Paris-Brest par La Belle Vie Sans Gluten

Qu’est-ce qu’un mensonge ? S’il n’y a aucune intention de nuire à autrui, ni bénéfice à prendre pour soi, alors il ne faut pas parler de tromperie. Car pour tromper il faut tirer un certain avantage d’une situation, mais si le propos est sans conséquence alors quel est le préjudice ? Il ne s’agit plus d’un mensonge, mais d’une fiction. Le Paris-Brest par La Belle Vie Sans Gluten pourrait nous servir d’exemple : à ceux qui ne souffrent pas d’intolérance doit-on leur spécifier la particularité de cette pâtisserie, si nous savons d’avance qu’ils n’y trouveront pas de différence ? Omettre cette information ne saurait être tromper, puisque les effets sont nuls partout. Pour maintenir notre propos, vérifions si ce Paris-Brest sans gluten est réellement sans conséquence. Continuer la lecture de « Paris-Brest par La Belle Vie Sans Gluten »

La Religieuse par Sébastien Gaudard

Est-il dans le ventre chaud de l’autel, se manifeste-t-il dans la flamme des cierges qui danse, apparaît-il dans le brasillement des dorures ? Est-ce lui ce mystérieux chuchotement entre les pierres impassibles, se fait-il entendre dans le souffle de l’orgue ? Et s’il est là, nous a-t-il abandonnés, ou bien sommes-nous les artisans ce cette désillusion ? Nous avons scruté l’ombre trop tôt, trop longtemps… Pourtant si cette obscurité existe, c’est que la lumière existe aussi. Peut-être qu’il faut la chercher ailleurs, en soi, dans chacune des sensations que nous offre la vie. Parfois, la spiritualité la plus profonde est celle qui consiste à percevoir fondamentalement l’étendue de ses sens. Prenons en conscience avec la Religieuse par Sébastien Gaudard. Continuer la lecture de « La Religieuse par Sébastien Gaudard »

Saint-Honoré au Chocolat par Des Gâteaux et du Pain

Ils sont partis en guerre, pour sauver qui et pour faire quoi ? Faut-il être naïf pour vouloir combattre, faut-il être jeune, faut-il être beau… Faut-il vouloir vivre ! Des décennies plus tard, un lien invisible nous ramène encore à eux, nous appelle toujours d’une voix faible qui ne s’éteint pas. Les canons se sont tus depuis longtemps et les soldats ne sont jamais revenus, broyés par l’impitoyable machine qui fait tourner le monde. Ils y sont encore, face contre terre. Seuls leurs casques couverts de boue dépassent. De petits dômes marrons que l’on voudrait cueillir un à un, qui ont quelque chose d’étrangement joyeux. On dirait du chocolat, de petites coques à manger. Mises ensemble et empilées on croirait que c’est le Saint-Honoré au Chocolat proposé chez Des Gâteaux et du Pain. Dégustons-le pour les oublier, pour nous évader un moment. Continuer la lecture de « Saint-Honoré au Chocolat par Des Gâteaux et du Pain »

Añoa par le Mandarin Oriental

Nous nous sommes jetés dans la gueule du loup, par curiosité. Nous voilà pris au piège, mais peut-être l’avons-nous toujours secrètement voulu ? Parfois dans un piège, derrière des barrières infranchissables, l’esprit peut retrouver toute sa liberté. Et dedans, il se peut que nous soyons moins contraints qu’à l’extérieur, que nous goûtions la volupté de l’abandon. Tel une cage qui protège sur son précieux contenu, ou des crocs qui se referment sur une chose défendue, Añoa est un dessert qui attise notre curiosité dans la vitrine du Mandarin Oriental à Paris. Que cache-t-il en son cœur que nous ne voyons pas de l’extérieur ? Il faut l’explorer, l’entrouvrir et y entrer, pour le savoir. Continuer la lecture de « Añoa par le Mandarin Oriental »